23/12/2016

foret
Copyright Micah H. / Unsplash

Le propriétaire de l’auberge me salue de bon matin – dans cet universel langage des signes, ultime rempart  après les mots – et m’accompagne jusqu’à l’arrêt de bus quelques mètres plus bas. Le conducteur de l’unique véhicule de la journée me largue 40 mn plus tard en bord de route. Il est 8 heures du matin.

Je sors le plan qui m’a été remis à l’office du tourisme et empreinte la petite route de traverse qui débouche sur un escalier de pierres. Très vite, il n’y a que moi et la forêt. Le silence du monde tel qu’on l’entend, les étranges murmures des oiseaux de passage et les sifflements des pins rectilignes qui se balancent au vent après une nuit d’orage. La forêt, elle, est réveillée depuis longtemps.

Il me faut d’abord gravir la montagne. La mousse affleure sur les pierres, l’eau bat son rythme après la pluie et se fraye un chemin à contre-courant. Invitée de passage, je souffle laborieusement dans les montées qui semblent ne jamais déboucher que sur d’autres plateaux à gravir. Les bornes numérotées sont les jalons rassurants de cette ascension solitaire. Je me sens seule, forte et vulnérable à la fois.

Puis la descente, le soleil qui s’échappe, la route vide, le ronron d’une tronçonneuse et le premier visage aperçu.

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