21/06/2016, Nadia

21062016
Copyright : Oriol Casas / Unsplash

Nadia a la chevelure enturbannée dans un vieux chèche, des mèches folles de cheveux gris acier s’échappent du tissu et font danser l’ovale de son visage. Elle porte une vieille veste en polaire couleur vieux rose délavé par l’usage, ses yeux sombres sont un puits profond dont on ne voit pas la fin, et son visage aride un désert de sable sillonné par le vent.

Nadia s’est plantée devant nous à la terrasse d’un café un premier jour d’été. On devait célébrer la musique, cacophonique à cet instant, alors elle nous a proposé un poème. Nadia a déclamé longuement, elle a buté parfois, cherché, et repris le fil. Elle parlait de prisons, celle où l’on enferme les hommes et celle où ils s’enferment eux-mêmes. Elle parlait aussi des prisons que les hommes dressent pour les femmes pour mieux les contraindre. C’était un beau texte, Nadia nous a dit qu’elle l’avait écrit avec quelqu’un il y a plusieurs années, qu’elle ne l’avait plus dit depuis longtemps. Mais en ces temps difficiles où les libertés sont constamment remises en cause, elle a eu envie de le retrouver.

On lui a donné un peu d’argent pour la remercier et Nadia a tenu à nous offrir un poème sur-mesure, hommage à nos prénoms. Quand on lui a fait remarquer que Nadia rimait avec « joie », elle nous a embrassé bruyamment et elle est repartie sous d’autres cieux.

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