01/04/2016, Lucille, Yann et Eva

01042016
Copyright Roya Ann Miller

Lucille a huit ans. Elle porte une robe de princesse médiévale couronnée d’une coiffe torsadée. Accompagnée de sa mère et de son petit frère, elle s’arrête devant une large porte en bois massif en plein cœur du Marais. Un homme en scooter s’arrête justement au même instant et leur livre à domicile quelques menues emplettes. La mère de Lucille est élancée, les cheveux bruns et lisses ramenés en queue de cheval. Même à trois mètres de là, je distingue les traits tirés de son visage, celui d’une femme qui n’en a pas fini de refuser de vieillir. Ils finissent pas s’engouffrer tous les trois dans la cour pavée de leur hôtel particulier. Lucille mène une vraie vie de princesse, étrangement raccord avec son déguisement.

Une fois Lucille disparue en son château, nous quittons notre bière en terrasse pour aller diner dans un restaurant. C’est Yann qui nous accueille. Le visage symétrique et souriant, les traits fins et masculins, Yann est d’origine nippone par ses parents. Mon ami note à quel point notre hôte est séduisant et je ne peux qu’acquiescer. Directement dans ma ligne de mire, à la table d’en face, il y a  Eva Green qui dine avec une amie. De ce côté ci aussi, la vue est plutôt jolie.

Eva, comme Pio, ça ne me serait pas vraiment venu à l’esprit d’aller lui parler. Pourtant, maintenant que j’y réfléchis, à elle aussi j’aurais pu dire merci. Je me souviens avoir lu une interview d’elle il y a au moins sept ans. Elle y évoquait un poème qu’elle affectionnait et que je découvrais alors. C’est un poème qui m’est cher. Je l’ai écrit à un amoureux il y a longtemps et je sais qu’il l’a aimé.

Wild Geese, Mary Oliver

You do not have to be good.
You do not have to walk on your knees
for a hundred miles through the desert repenting.
You only have to let the soft animal of your body
love what it loves.
Tell me about despair, yours, and I will tell you mine.
Meanwhile the world goes on.
Meanwhile the sun and the clear pebbles of the rain
are moving across the landscapes,
over the prairies and the deep trees,
the mountains and the rivers.
Meanwhile the wild geese, high in the clean blue air,
are heading home again.
Whoever you are, no matter how lonely,
the world offers itself to your imagination,
calls to you like the wild geese, harsh and exciting –
over and over announcing your place
in the family of things.

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