04/03/2016, Jeanine et Pierre

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Photo credit: Marcel Oosterwijk via Visualhunt / CC BY-SA
J’ai croisé Jeanine et Pierre de bon matin à Gare de Lyon. Ils sortaient d’un train pour en attraper un autre, valise en main, leur fils en éclaireur. Un morceau de conversation pris sur le vif. Jeanine décortique le canard gratuit du jour et dit qu’elle a vu telle émission à la télévision. Pierre aussitôt de réagir avec une voix affectée : « Ca ne te ressemble pas de regarder ça ». Comme si elle déviait d’une trajectoire toute tracée.

C’est banal, humain, et en même temps pas si anodin.

Pierre a besoin de se construire un système de pensée où – qui plus est après tant d’années – il connait Jeanine par coeur. Il sait ce qui lui ressemble, ce qui ne lui ressemble pas, et c’est comme un moyen de circonscrire l’autre pour se rassurer. Et parfois le dominer. On a besoin de savoir, de s’approprier l’autre, de le rendre prévisible. La part d’inconnu et de liberté fait peur. Qui sait, sinon, ce qui pourrait arriver?

Et en même temps je croise tellement de vieux couples sur ces mêmes quais : ils pensent se connaitre par coeur et de guerre lasse, ne se supportent plus.

L’homme est contradiction.

Nous sommes tous tombés dans ces travers d’humains nés égo-centrés, cette nécessité de faire les choses siennes. Pourtant, derrière nos rôles sociaux bien circonscrits de couple marié ou non, de parent/enfant, de professionnel, etc. il y a toujours une personne : un labyrinthe de complexité.

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